Bacillus Thuringiensis
Au Québec, les premiers programmes de contrôle
des moustiques et des mouches noires ont débutés
avec le développement des régions nordiques
en raison de l'exploitation minière et des aménagements
hydro-électriques, qui ont mené à la
construction de campements et de villes dans des zones propices
au développement de ces insectes. De 1970 à 1984,
les traitements se faisaient à l'aide de larvicides
et d'adulticides chimiques. Cependant, depuis 1984, la méthode
la plus efficace, la plus écologique et la plus économique
est d'appliquer un insecticide biologique, le B.t.i. (B.t.
H-14) dans les milieux aquatiques où se développent
les larves, juste avant qu'elles ne se métamorphosent
en adulte. L'ingrédient actif du produit est un petit
cristal de protéines produit par la fermentation d'une
bactérie, le Bacillus thuringiensis variété israelensis.
 Perforation
des cellules épithéliales
de l'intestin
En réalité, ce n'est pas la bactérie
elle-même qui est toxique, mais plutôt certaines
protéines qu'elle produit sous forme de cristaux.
Ceux-ci ont la propriété de se dissoudre en
présence des enzymes digestifs et du pH alcalin propres à l'intestin
des larves de moustiques et de mouches noires. Les cristaux
libèrent ensuite des substances nocives qui se fixent à certaines
cellules de la paroi du tube digestif et perforent l'intestin,
ce qui provoque la mort de l'insecte en quelques heures ou
quelques jours. Au fil des années, on a produit industriellement
ces cristaux en grande quantité dans le but de les
utiliser dans la lutte biologique en les ajoutant à la
nourriture naturelle des larves. Ainsi, lorsqu'on introduit
le produit contenant la formulation larvicide dans les plans
d'eau et les rivières renfermant des larves, ces dernières
les avalent et meurent avant même qu'elles ne puissent
se transformer en nymphe et en adulte.
Le B.t.i. est donc très sélectif,
car il agit seulement lorsqu'il est avalé par des
larves de moustiques ou de mouches noires et que les conditions
spécifiques de l'estomac de ces insectes sont présentes.
C'est un produit très sécuritaire puisqu'il
ne présente aucun effet sur les autres animaux et
l'environnement. L'Organisation Mondiale de la Santé a
publier en févier 2000 un document intitulé « International
program on chemical safety (IPCS) - Environmental Healt Criteria
217; Bacillus thuringiensis » qui révèle
que le B.t.i., tel qu'utilisé pour le contrôle
des insectes piqueurs, ne présente aucun danger pour
la santé humaine et pour l'environnement dans son
ensemble. De plus, les cristaux extraits de cette bactérie,
qui est naturellement présente dans le sol, se dégrade
en quelques jours. Pour cette raison, les programmes de contrôle
nécessitent plusieurs traitements afin de contrer
les générations successives de larves produites
au cours de l'été.
Le produit B.t.i. (Bacillus thuringiensis
israelensis) est largement utilisé au Canada depuis plusieurs années
et son utilisation a fait objet de nombreuses études.
Les résultats ont démontrés des taux
de mortalités très élevées et
ce à de très faibles doses. De plus la très
grande sélectivité et l'efficacité du
produit lui confère un net avantage. Les traitements
sont précédés d'un monitoring permettant
l'optimisation du produit. Un technicien compétent,
formé en entomologie, échantillonne tous les
gîtes susceptibles de produire des larves. Ces opérations
de contrôle sont répétées tout
au long de la saison et les données recueillies sont
interprétées de façon à coordonner
et à planifier l'horaire des traitements. Seul un
tel suivi rigoureux permet une bonne efficacité et
une utilisation juste des pesticides.
La popularité pour les programmes de contrôle
biologique correspond aux besoins grandissant d'une population
informée à la recherche d'une meilleure qualité de
vie. Le programme de contrôle biologique s'insère
parfaitement dans une saine gestion écologique des
ressources.
Fiche
technique sur le Bacillus thuringiensis
variété israelensis
(Bti) (.PDF)
Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada.
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